jeudi 25 février 2010

mercredi 10 février 2010

Louis trêve-coeur


Henri est passé nous voir. A la salle blanche il y a bien deux semaines de cela. Henri, c’est l’empléiadeur officiel de Céline. Un obsessionnel. L’occasion : " lettres " de Céline fraichement empléiadées. 2034 pages de correspondances. Pas moins. Assemblées une à une, à la main, classées, agencées, comme il faut. Dans leurs contextes. Avec amour. Un travail de dingue. Henri est un dingue. " Et encore, ce n’est qu’une part connue. D’autres lettres circulent encore dans la nature " nous a prévenu Henri. Nous, une trentaine à l’écouter religieusement, à peine assez nombreux pour maitriser ce dingue. Henri est inépuisable sur Céline. Un amoureux dingue de la poétique de Louis. Et Henri nous a rappelé qu’il était fin prêt. Prêt au grand déballage. Le fameux recueil des œuvres " polémiques " de Louis. Henri nous énumère au moins six ou sept bonnes raisons de les publier. La plus importante d’entre elles à mon avis est que le boulot a déjà été abattu. Et qu’il ne faut pas gâcher. Il n’y a plus qu’à envoyer sous presse. Le recueil s’articulerait ainsi : on commencerait par Mea Culpa, suivraient bagatelles, l’école des cadavres et les beaux draps; à l’agité du bocal de finir en apothéose. Il ne s’agit que de quelques derniers petits obstacles juridiques à régler.

N’étant pas un polémiste de nature, j’ai attendu que la séance soit levée pour prendre Henri à part 5 petites minutes. " Lorsque vous parlez des derniers obstacles juridiques à lever, n’est-ce pas la mort de Lucette Almonzor que vous évoquez et que vous attendez avec impatience, elle qui interdit la réédition des écrits polémiques de Louis? " lui lançais-je prêt à défendre la veuve et l’orphelin. " Pourquoi tenez-vous tant à cette réédition à laquelle Céline s’opposait de son vivant? N’est-ce pas trahir l’auteur que de ne pas respecter sa volonté? " insistais-je lourdement la larme à l’oeil.

Bigre! Ce bougre d’Henri pas gêné me glisse que " oui, la mort de Lucette serait une sorte de délivrance. De premier pas. Quoique pas nécessairement suffisant. Lucette pourrait transmettre ses droits ... ". Encore bien décidé, Henri m’affirme que " Céline s’opposait à la réédition de ses pamphlets pour sa tranquillité, pour ne plus en être inquiété. De plus, il n’est pas sûr que ces pamphlets deviennent un succès de librairie. N’y voyez pas d’intention mercantile. " Mon air hagard a eu raison de son air pas gêné. Nous nous sommes quittés copains tout de même quand il m’a entendu lancer au brave type qui animait la petite rencontre avec lui et qui repassait par là : " Le Céline de Sollers dont vous avez tant chanté les louanges tout à l'heure est une véritable farce niaiseuse imbuvable et brouillonne. L’avez-vous bien lu ? ". Le sourire connaisseur d’Henri ne plaidait pas davantage pour ce Sollers.

mercredi 20 janvier 2010

Myxomatose panoptique 2


Jean-Marc n’en finit pas de mourir. Cette vieille canaille encagée depuis la nuit des temps résiste à son corps immuno-défendant. Jean-Marc n’a pas mis d’eau dans son vin, pas même de Martini dans son Molotov. Jean-Marc n’en finit pas d’écrire. Aujourd’hui sortait son petit dernier, Paul des Epinettes saison 2. L’être de cachot. Jean-Marc lui ne sort pas. Jean-Marc pourrait plomber l’ambiance. Alors l’administration le garde au chaud. Aux ptits soins. N'ayez crainte chers administrés. Bah. Après tout, enfermé ou dehors, ici ou là-bas ou ici-bas ... c’est du pareil au même. En saison 1, Jean-Marc écrivait :

"La société carcérale – prisonniers compris – n’aime pas les différences ni les différents. Ceux qui brisent l’harmonie de l’identique.
Qui troublent le reflet.
Elle reproduit dans l’outrance le monde du dehors.
Elle a peur de l’autre.
A sa façon, elle est normative.
"

Alors en-dedans ou en-dehors ... quand on est pestiféré ...

Pour les dédicaces, c’est ici : une petite visite

jeudi 14 janvier 2010

Lionel ou les mémoires d’un puceau


Lionel est de retour. Retour de l’homme par qui le scandale n’arrive jamais. Lionel se raconte. Du matin au soir, page après page, à commercer sa camelote. Lionel est radio actif, omniprésent sur la FM. Lionel au micro. Ondes de choc. Bof bof ! Du réchauffé. Drapé dans le rôle qu’il s’est construit et que lui seul veut interpréter : l’honnête homme, plus intègre que jamais. Voilà bien ce que je lui reproche. Et je ne suis pas le seul. Je peux tout passer à un homme politique, tout pardonner. Absolument tout. Vraiment. Mais pas l’honnêteté. Pas cet absolu d’honnêteté. Cette quête aussi prétentieuse qu’absurde. Quel manque de savoir vivre ! Quel manque de fair-play ! Quel affreux spectacle ! Tu parles d’un exemple. Dégoulinant de devoir accompli et autres niaiseries ; beurk beurk beurk ! Une société où le crime ne paie plus est une société finie, une société sclérosée qui a atteint ses limites. Seule l’infraction peut lui garantir un semblant de liberté. Mais Lionel est Lionel. Vierge. Blanc comme neige. Incorrigible, inébranlable, Lionel n’a jamais connu l’excitation de taper dans la caisse. Cette terrible première fois qui entraine les suivantes. Jamais. Innocent. Une vraie tête d’innocent. Mais poissard comme pas un. Pas plus tard que la semaine dernière, en pleine tournée radiophonique promotionnelle de tristes mémoires, Lionel se fait voler la vedette par la disparition du premier martyr de la cour des comptes, l’autre honnête homme souffre-douleur qui portait le péché du monde politique. Ils étaient deux. Un dans chaque camp. Il n’en reste qu’un. Lionel. Qui nous reste sur les bras comme un invendu. Impayable Lionel.

samedi 5 décembre 2009

La France des modérés


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vendredi 27 novembre 2009

465 Chronique grammaticale détournée



Cette chronique sera brève. Il faut qu’elle soit utile.





Je commencerai donc par signaler au ténébreux ministre de l’immigration et d’autres curiosités qu’il est contraire à la décence, au sens commun, aux bonnes manières, à la syntaxe, à l’amitié qu’on a de toujours pour la grammaire, à la rapidité du style, à la clarté, au confort vocal et, d’une façon plus générale, à tout ce qui fait plaisir d’être homme, d’employer le subjonctif à la suite d’après que. On ne dit pas : « j’ai expulsé des Afghans après que j’eusse constaté l’irrégularité de leur situation sur le territoire national », mais « après que j’eus » ; mieux encore : « quand j’eus » ; mieux encore : « après avoir constaté l’irrégularité » ; et mieux encore : « après le constat de » ; et si l’on veut être parfait : « en situation irrégulière », tout simplement. C’est bien meilleur. Il faut en profiter tout de suite, je préviens que je ne le répéterai pas. D’abord, c’est fatigant, ensuite tout le monde s’en moque, et enfin il existe une loi qui veut que chaque fois qu’on blâme une faute on en fasse une soi-même dans le texte de son sermon. Il faut donc éviter de corriger les fautes si l’on veut s’abstenir d’en faire. Le meilleur français est d’ailleurs parlé par des gens qui ne s’en occupent pas. Et qui s’en moquent. Sarkozy lui-même ... Je réécoute ses interventions plusieurs fois, c’est le plus grand amoureux de la langue de Voltaire et du franc-parler. Et qu’y trouvé-je ? « Tout ... que » avec le subjonctif ! « Tout ... que » demande l’indicatif ! On dit : « le peuple français tout accueillant qu’il est » et non « tout accueillant qu’il soit ». On dit : « si accueillant qu’il soit », on dit : « pour accueillant qu’il soit », mais il faut dire : « tout accueillant qu’il est ». Voilà pourtant où nous en sommes : Sarkozy lui-même ... Ce sont des choses qui découragent.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand

mercredi 16 septembre 2009

Bougnoul’s band


C'est le grand décombre !... Brice est à bout. Tabou. Ta boue. Dans la gadoue, le Brice, jusqu’au slip. La boue du fleuve tout éclabousse !... brasse, gadouille la cohue qui hurle étouffe déborde au parapet !... Ça va très mal... Trempé aux roupettes le Brice. L’élégant n’en a pas pris. Direct et crochet du droit. Extrême droit. Brice a voulu s’en payer une tranche. Et cochon qui s’en dédit. Brice a ouvert les vannes. Rien d’autre. Une vanne rien qu’une. Et voilà tout. Victime d’un subterfuge, d’un ventriloque malveillant il est le Brice. Juré. Une voix indigène mal embouchée de l’intérieur a jailli. Du grand art tohu bohu buesque. Innocent comme jamais. Blond comme le blé et roulé dans la farine. Juré. Un fin le Brice d’ordinaire, le contraire d’un malappris. Les témoignages fusent. Toute la troupe à la rescousse. Opération couscous. Boulettes. Roselyne en tomberait à la renverse. « Brice ! Un fin le Brice. Le Fin. Le fin des fins. Extra-fin. » Cueilli et mis en boite à son insu. Un plaisant distingué assuré du podium ! Auteur compositeur mal interprète. Promis. L’ami des miséreux. Ministre des cultes ! Bande d'incroyants. Indélicats !